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P.GUINBERTEAU
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Date de création :
10/07/2005
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Ils ont abandonné Linux

 LA COMPLEXITÉ D'INSTALLATION
J'ai eu l'occasion d'utiliser Linux pour monter un serveur Web. Nous nous sommes orientés vers la distribution Ubuntu, en version KDE. Il me fallait un serveur Web sur lequel je puisse agir librement, sans que ces modifications ne se répercutent sur Internet ou entraînent un blocage du site Web.

J'ai été finalement rebuté par la complexité de l'installation de la plate-forme Linux, Apache, PHP et MySQL en comparaison de Windows. Pourtant j'ai une formation d'analyste programmeur et je connais bien Linux pour utiliser la distribution Mandriva chez moi. Sous Windows, le package EasyPHP permet, avec un minimum de configuration, d'installer ces logiciels.

Sous Linux, au contraire, il faut installer chaque package un à un, avec une dépendance des packages dont il faut tenir compte. A partir du moment où j'ai été confronté à certains problèmes spécifiques à notre installation, n'ayant pas de support, j'ai essayé de me débrouiller avec le support de la communauté.

J'avais décidé de consacrer deux jours à ce test. Au bout d'une journée, je n'avais toujours rien de fonctionnel. Il m'a manqué une certaine préparation d'une part, et une documentation expliquée point par point d'autre part.


 MANQUE DE VISION GLOBALE ET DE COHÉRENCE
J'ai commencé à utiliser Linux vers 1995, à l'époque où Windows 95 venait juste de sortir. Je m'étais intéressé à Linux pour le développement logiciel. Autant à l'époque Linux écrasait tout ce qui se faisait, autant maintenant cela ne me fait penser à rien de plus qu'un Windows (KDE) ou une très pale copie de Mac OS X (Gnome).

Je dirais que la principale raison qui m'a fait quitter Linux, c'est le manque de vision globale, de cohérence, d'homogénéité sur tout ce qui touche de près ou de loin à l'environnement de bureau sous Linux. Autant, je trouvais cela amusant au début, autant maintenant je vois cela comme un boulet qui sera de plus en plus lourd à traîner, et empêchera Linux de sortir de certaines niches (serveur notamment).

La fameuse diversité tant choyée par les aficionados du libre est à mon sens une lame à double tranchant. Autant au niveau applicatif, cela permet d'avoir une multitude d'applications répondant aux besoins des plus excentriques, autant au niveau des fondations du système, cela tue l'innovation et décourage beaucoup trop de monde. KDE, Gnome, E17... quel programmeur assez motivé pourrait proposer une application qui s'intègre bien sur ces environnements de bureau (bien évidemment incompatibles).

Un autre détail que le monde Open Source ne veut pas entendre, c'est la compatibilité binaire. Clairement, tous les développeurs de bibliothèques ne s'en soucient guère. Soit, je reconnais que ce n'est pas évident du tout à garantir, cela oblige à faire certains "hack", pas toujours dans l'éthique du développeur. Sauf que "grâce" à cette position butée, chaque grande famille de distribution en est à refaire ses propres packages. Quel gâchis incroyable !


 OPACITÉ ET AIDE DÉFENSIVE
Comme beaucoup de gens, j'étais très mécontent de la sécurité des produits Microsoft. J'ai donc voulu tester Linux pour sa conception beaucoup plus sure. Je suis propriétaire de chambre d'hôte en Corrèze. J'utilise mon ordinateur pour ma communication, pour les tableurs et aussi pour mon site Web, soit une utilisation professionnelle. J'ai aussi une certaine expérience de l'informatique, puisqu'il y a 20 ans, j'écrivais des logiciels.

J'ai tout basculé de Windows 98 vers une Mandrake 7 de Linux. Déjà, l'installation classique de Gnome ne marchait pas correctement. Des fichiers Bin recherchaient des répertoires qui n'existaient de toutes façons pas. L'installation même du logiciel était donc fautive. Hormis cette étape, je n'ai pas trop eu de soucis à l'installation des autres logiciels, ni pour la reconnaissance de mon matériel.

Cependant, quand j'ai voulu utiliser l'émulation Wine pour conserver certains logiciels Windows sous Linux, je n'ai jamais réussi à la paramétrer. C'était vraiment opaque et les aides sur les groupes de discussion se mettaient toujours sur la défensive. Il y avait une agressivité chez ces personnes que j'ai trouvée très désagréable.

J'utilise toujours ForteAgent pour les newsgroup, et Eudora. J'essayerai à nouveau peut-être Linux d'ici deux ans mais, en attendant, j'utilise Windows XP. L'informatique est pour moi un outil, pas une fin en soi.


 LA RECONNAISSANCE DU MATÉRIEL
Je ne suis pas informaticien, j'ai en revanche connu Windows depuis la version 98. Dans un cadre personnel, j'ai testé la version 9 de SuSE Linux. J'avais regardé avant de me lancer les différentes distributions disponible et SuSE était a priori relativement simple.

Mon problème a surtout porté sur la configuration des connexions Internet. Pour l'installation de programmes, c'est aussi un peu différent de Windows et du coup, je me suis senti perdu. L'installation de la distribution en elle-même s'est par contre bien passée.

Je voulais installer une connexion Wanadoo avec une carte 3G. Il fallait aller dans les configurations avancées sous Linux alors que sous Windows, j'ai des CD d'installation du matériel. Je n'ai pas trop compris comment il fallait faire et je n'ai pas non plus insisté. Au bout d'un moment, on pense à la perte de temps, sachant que pas mal de programmes que j'utilisais n'était pas compatibles, comme Dreamweaver.

Il manque peut-être plus de simplicité dans l'installation et la configuration des programmes. Peut-être même que c'est très simple mais on a des repères qui font que, lorsque j'ai décidé de basculer sous Linux, je me suis senti perdu. Je serais prêt à changer pour Linux car j'en vois les avantages, mais pour ceux qui ont des repères depuis des années sous Windows, je ne sais pas s'ils seront prêt à changer.


 LE BILAN
La plupart des critiques soulevées quant à l'utilisation de Linux portent sur sa complexité. Une complexité liée à l'installation des logiciels, au paramétrage et à la reconnaissance du matériel ou encore la compilation de code source. A noter que la plupart des témoignages d'utilisateurs ayant abandonné Linux l'ont utilisé coté poste client, et non coté serveur.

La documentation et l'aide ne sont pas non plus toujours fournies de manière triviale (documentation papier) ou par des étapes schématisées pas à pas. Pourtant, ce sont les utilisateurs les moins habitués à l'informatique et au monde Windows qui migrent le plus facilement sous Linux. Les habitués de Windows se sentent en revanche rapidement perdus et ont souvent besoin d'aide.

Reste que pour les entreprises, un déploiement de masse d'images disques pré-formatées est envisageable. La plupart des domaines de l'informatique bureautique sont aujourd'hui couverts par les logiciels libres mais nécessitent une formation préalable des utilisateurs ainsi qu'un accompagnement. Les applications métiers, elles, peuvent migrer un temps sur un serveur dédié.

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